Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /Mai /2010 21:02

Publié dans : Interviews

DIALECT Music-1Credit FHSAAvec leur premier album « Parlez-vous Dialect » sorti le 17 mai dernier, le groupe Dialect Music passe la vitesse supérieure et se lance à l’assaut des bacs et de nos oreilles. Défenseurs d’une musique hip-hop métissée, ouverte et " organique ", le combo vise la reconnaissance artistique à grande échelle, sans pour autant galvauder son identité originale. Gas, un artiste aux multiples facettes, est le frontman de l’équipe. Il vous en dévoile quelques-unes avec sourire et humour !

Si tu devais te présenter en trois mots ?

Alors, je dirais… soldat… clown… et observateur.

Observateur…comme un scientifique qui se respecte en somme ?

(Rires) Oui, si on veut (Gas est en parallèle chercheur en biologie, Ndr). Déjà plus jeune, en survêt dans mon quartier lyonnais, on m’appelait le « sciencé ». Je crois que ça retranscrit bien qui je suis. Je suis quelqu’un avec un parcours assez urbain, assez classique pour ce qui est du rap. Avec en plus ce petit côté scientifique chercheur qui fait halluciner tout le monde.

A quand remontent tes débuts dans le rap ?

Dans les années 90, vers 12 ou 13 ans. Je me rends compte que je peux partager à travers le hip-hop les petits poèmes que j’écris seul dans mon coin. C’est le vrai point de départ. Ça commence avec les premières cassettes, les premières émissions hip-hop. J’écoutais de la musique africaine, un peu de variété ou Michael Jackson. Il y avait une vraie émulation. Les gens se lançaient dans la danse, le beatbox, le graff etc. C’est vraiment à ce moment-là que je m’attache à cette culture et que je décide de m’investir dedans. J’avais alors ce petit complexe du mec qui n’est pas musicien, mais que j’ai surmonté avec le temps.

Tu parlais de tes premiers textes, aujourd’hui ils sont très travaillés… Quelle est ta méthode ?

En général, j’ai une phrase ou un thème que je garde en tête un certain temps. S’ensuit une période de deux ou trois semaines où je vais observer, m’imprégner de tout ce qui peut m’inspirer, avant de me pointer devant la feuille blanche. Le travail de mes musiciens m’inspire beaucoup. On se comprend sans même avoir besoin de se parler. On lâche une note, un rythme et les mots viennent assez naturellement. Le plus souvent, j’écris sur les sons : ça commence par une couleur, puis un sentiment pour déboucher sur un thème. Dans l’équipe, on aime bien dire que nos morceaux sont des billets d’humeurs.

100404-dialect-docks40-1455.jpgComment la connexion s’est-elle établie entre toi tes musiciens ?

Vers 2003, dans les environs de Lyon, un ami musicien me présente une de ses connaissances qui cherche un rappeur/chanteur. A l’époque, ils étaient en fait neufs. J’étais très intéressé par le fait de rencontrer des gens qui ne s’arrêteraient pas à mon parcours de rappeur assez "street". Ils étaient issus d’univers complètement différents du mien. Pourtant, le feeling est super bien passé. Le temps à voulu que certains s’éloignent tandis que d’autres se rapprochent. En 2005, le groupe s’est stabilisé et Dialect Music est né (Jimmy Pallagrossi à la batterie, Sylvain « SBE » Berger au clavier, Guillaume Boudou à la basse, Thomas Mayade à la trompette, Damien « Dam’s » Gomez au saxophone et Christophe Obadia à la guitare, Ndr).

Pourquoi ce nom Dialect Music ? Et que penser du hip-hop " organique " que vous mettez en avant ?

C’est simple, on considère tous que la musique est un langage universel, un dialecte qui permet de toucher tout le monde. Pour ce qui est du hip-hop " organique ", cela ne se justifie pas seulement par l’usage d’instruments en live, c’est aussi et surtout une façon de dire que notre musique n’est pas cloisonnée. Elle est vivante. Elle vibre et absorbe ce qui l’entoure pour devenir personnelle, unique.

L’aventure Dialect Music dure depuis 2005, le premier album sort en mai 2010, pourquoi ce laps de temps ?

Nous avons sorti un premier EP intitulé « La spéciale ». Mais c’est vrai qu’on commence à mieux maîtriser l’aspect promo. Jusque là, on n’avait jamais vraiment cherché à communiquer en masse, considérant que notre projet n’était pas encore assez mûr. En revanche, on a enchaîné concert sur concert, à base de 40 à 50 dates par an, en misant sur le bouche-à-oreille dans le jazz et le hip-hop. Aujourd’hui, on considère que l’on est prêt pour se faire connaître et se développer à un autre niveau, artistiquement et structurellement. De fait, Dialect Music voyage beaucoup, d’Annecy à Berlin en passant par Varsovie rien que pour ce début 2010…

Quel genre de public peut-on rencontrer lors de vos performances ?

C’est super varié, de l’amateur de hip-hop aux puristes du funk et de la soul… On n’a pas vraiment de public déterminé en fait, il n’y a pas de logique de cible. C’est une volonté de notre part de nous adresser à tout le monde, de ne pas se poser de barrières. On fait de la musique en général. Apprécie qui veut. Voilà, on peut dire qu’on s’adresse aux gens qui sont capables de recevoir et de ressentir ce qu’on leur propose. Beaucoup pensent la musique de façon très cloisonnée, le hip-hop d’un côté, le rock d’un autre, etc. Sauf qu’aujourd’hui, ça ne se passe plus comme ça. Les styles se mélangent, les étiquettes sont de plus en plus difficiles à coller et je crois que de ce point vue, notre démarche s’avère plutôt actuelle.

Ça peut être aussi plus difficile de s’assurer une base de fans…

Oui et non. Tout dépend de l’objectif. Si on avait été dans une logique de rentabilité et d’immédiateté, je dirais oui. Mais nous avons envie de faire évoluer notre musique au gré de nos propres évolutions en tant qu’humains. J’entends souvent des rappeurs dire : « Après 25 ans c’est fini, le rap faut arrêter. » On peut le voir comme ça. Mais bon, je vois des mecs de 50 piges aux Etats-Unis qui sont toujours dedans. Je crois que tout dépend de la définition que l’on se fait de la musique et de comment on vit avec elle. Donc je pense que notre façon de faire est sur la durée. C’est peut-être plus laborieux mais beaucoup plus gratifiant. Avec des résultats peut-être plus solides.

100404-dialect-docks40-1468.jpgTu peux nous parler un peu de ce track " Chaque seconde " avec Roy Ayers qui figure sur votre album ?

J’ai toujours beaucoup aimé Roy Ayers, pour son style et pour tout ce qu’il a apporté dans la musique en général. Il est l’un des plus samplés en hip-hop avec James Brown et je n’ai pas hésité quand l’opportunité s’est présentée. En studio, c’était très marquant de côtoyer cette légende vivante. En plus nous n’avions sorti cette chanson qu’en vinyle en 2008 et en plus en édition limitée. Personnellement, j’ai l’impression d’avoir bouclé la boucle en collaborant avec lui (sourire).

A l’heure actuelle, quelles seraient tes collaborations rêvées ?

Hum… il y en aurait beaucoup… je dirais André 3000, Nneka et Karima Francis, une jeune artiste anglaise dotée d’une voix superbe, ça fait un peu penser à Tracy Chapman, mais elle a tout de même un univers bien à elle.

Le mot de la fin ?

J’ai toujours voulu avoir plusieurs vies. Si ça marche avec la musique, tant mieux. Mais ça ne me fait pas peur d’explorer, d’essayer de nouveaux chemins. Nous n’avons qu’une seule vie, il faut tout tester !

Propos recueillis par Thomas Fédérici

Dialect Music "Parlez-vous Dialect ?" Disponible depuis le 27 mai
CoverDIALECT.jpg

 



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Commentaires

Ca a pas l'air d'emballé le public
Commentaire n°1 posté par deb le 16/06/2010 à 19h58
Pour les avoir vu en live, ça met un peu de temps à monter parce que les gens sont intrigués au premier abord. Mais il n'y a que des bonnes vibrations :)

Après c'est sûr que ce n'est pas du son dancefloor qui déchaîne les fosses. Et puis il n'est pas conseillé de rester sur l'impression dégagée par une vidéo ;)
Commentaire n°2 posté par Falcao le 26/06/2010 à 13h33
on kiffe. Lorinda
Commentaire n°3 posté par yo le 29/10/2010 à 20h40

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